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On a vu: Underwater

Les films « sous l’eau » ne sont pas légion. Des bons films « sous l’eau », encore moins. Depuis le cultissime Abyss de James Cameron en 1989, je n’ai pas souvenir d’avoir vu un bon film traitant des fonds marins à la sauce S.F./fantastique. Et arrive Underwater, le film de William Eubank, qui semble être une relève assurée. Avec un casting intéressant et des premières images rassurantes, qu’en est-il vraiment ? Verdict.

Allez hop! On descend.

Underwater…

Avec un budget assez élevé pour ce type de production, environ 60 millions de dollars, on pouvait s’attendre à un film conséquent, tant sur son visuel que sur son contenu général. Hors, le film Underwater semble faire le minimum requis pour ce genre de cinéma. Le film serait-il pauvre ? Pas vraiment ! Il remplit volontiers son cahier des charges et a même quelques surprises à nous offrir. En est-il un bon film pour autant ? Rien est moins sûr. Underwater est clairement le film piège. Coincé entre le blockbuster et la série B, il nous plonge dans les abyss de nos océans sans réellement entrer en profondeur dans son thème. Underwater, c’est l’histoire d’une équipe de scientifiques qui tentent de survivre à un séisme qui a détruit leur base sous marine située à 10 000 mètres de profondeur. Ils découvriront qu’ils ne sont pas seuls et que le danger qui les menacent semble être présent dans les abyss depuis bien longtemps.

Faut pas être claustrophobe.

Des fondations solides pour un film fragile.

Underwater a tout pour réussir au premier abord. Un bon casting, un budget conséquent et une industrie du cinéma rodée pour les techniques de films sous l’eau. Tous les voyants sont au vert quand je lance le visionnage d’Underwater. Le film débute et ne s’embarrasse pas avec une présentation de contexte. A travers quelques mots dans le générique du début, on nous présente quelques éléments « géo-éco-politique » puis la voix off de kristen Stewart vient quant à elle nous éclairer sur les conditions de vie extrême à 10 000 mètres de profondeurs. Le film démarre à fond et on plonge au cœur de l’action dès les premières minutes (et j’aime ce genre de parti pris). Sauf qu’ici, cela va desservir  le reste du film. En effet, si le film se distingue par son action rapide et son ambiance anxiogène, il a en revanche oublié quelques points d’écriture essentiels pour que le spectateur puisse se projeter sur les personnages et créer une empathie envers eux. Je ne sais pas si c’est un réel parti pris du réalisateur ou si le film a été charcuté en post production mais il manque clairement de contenu et ce dès le départ. Privilégier l’action au détriment des personnages, pourquoi pas. Certes cela fonctionne dans bon nombre de films d’action mais ici  on ne crée aucune affinité avec les protagonistes au point qu’on ne se souvient même pas des prénoms de nos héros. On les caricaturises puis on attend sagement leur ordre de disparition (ô combien prévisible). On aurait pourtant apprécié un développement des ces personnages car ils ont tous un certain potentiel, doublé d’une interprétation sérieuse du casting. Dommage. 

 

Osef l’écriture, il nous reste l’action !

Avec une durée de 1h38, on sent que le film sera tourné vers l’action. Et de l’action il y en a. Le film a un très bon rythme, il commence vite et fort. Il exerce une certaine pression sur le spectateur et même s’il ne sera pas la référence ultime dans son genre, il reste quand même efficace sur bien des aspects. Puis il le devient moins sur d’autres… Quelques scènes ne  sont pas lisibles à l’écran et même les abyss sont effectivement plus proches du vide sidéral, noir et vide, que des planètes exotiques des space-opéra. Certaines scènes d’actions censées nous faire frémir, nous laisse finalement un arrière goût d’inachevée. D’autres scènes en revanche, maitrisées et efficaces, nous montrent le talent de William Eubank derrière la caméra. Il en ressort toutefois un film assez inégal visuellement.

L'instant cocorico!

Kirsten,Vincent et Cthulhu.

Comme je le dis un peu plus haut, le casting du film est plutôt bon et l’interprétation est au rendez-vous. Notre Vincent Cassel national fait bien son travail au pays de l’oncle Sam. Le premier rôle assuré par Kirsten Stewart est lui aussi une réussite. Le reste du casting est plus anecdotique et la réelle surprise des individus qui se présentent face à la caméra de W. Eubank est certainement la menace à laquelle font face les survivants du tremblement de terre. Directement inspirés des créatures de H.P. Lovecraft, les ennemis sous-marins auxquels font face nos scientifiques en tenue de plongée made in Gears of War, sont une réussite pour ma part. Celui qui ressemble au mythologique Cthulhu se dessine dans des décors sombres et j’ai su apprécier cette créature ainsi que son armée de parasites. On appréciera moins la manière d’en finir avec ces monstres abyssaux. On appréciera moins la manière de finir le film tout court. Téléphoné et sans surprise, pour ne pas dire bâclé et sans intérêt. 

Les deux seuls personnages "intéressants"

Pour conclure

Le film aurait mérité un traitement différent, un développement dans ses intrigues et dans l’écriture de ses personnages. Le film passe certainement à côté d’un statut  honorable et je dirais même qu’il avait les moyens d’offrir un spectacle plus grand, plus intéressant. On passe à côté de quelque chose de bien et ca se sent vraiment car le film n’est pas raté, au contraire. Avec sa réalisation soignée et des scènes d’action intéressantes, il fera son job volontiers si vous cherchez à passer un bon sympa devant votre écran. Si vous aspirez à un film un peu plus profond, passez votre chemin, il y a encore du chemin pour trouver la force d’un abyss ou d’un alien.

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Ma note sur 10

Edité par Jonathan

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